Deux chemins qui se séparent dans un bois
Parentalité

Je t’ai aimé, mais je m’en vais

Parfois, malgré tous les efforts du monde, il nous arrive de devoir penser séparation ou divorce. Quand on ne se retrouve plus dans le couple, il peut être utile de sauver ce qui peut l’être. Mais quand on a tout essayé, le départ est nécessaire.

S’il ne s’agit que de deux adultes, l’on peut chercher à se faire le moins de mal possible et espérer le meilleur pour l’autre (ou pas d’ailleurs, après tout, cela vous appartient). Mais quand les enfants se trouvent au milieu, l’enjeu n’est plus le même.

La crise parentale

Quand le mot séparation est posé, de grosses angoisses peuvent apparaître de tous les côtés. L’adulte fait face à sa peur de la solitude ou sa tendance à la dépendance affective. Et l’enfant voit toute sa base, toute sa structure, exploser en éclats. Le fait que cette séparation soit consécutive à quelques jours, quelques mois, ou quelques années ne change rien. Le fait que le divorce devienne monnaie courante non plus d’ailleurs!

Au-delà des peurs qui apparaissent, des questions s’impriment. Elles peuvent être multiples:

Chez le parent:

  • Plutôt matérielles de prime abord, d’ordre financier, les comptes, la maison, les factures, ou les meubles
  • Puis d’ordre affectif avec l’intégration d’un retour au célibat, à l’idée que l’autre retrouve l’amour ailleurs, que les enfants finissent même par apprécier l’étranger qui prend une place dans le courant familial

Chez l’enfant:

  • Émotionnellement, l’enjeu est énorme. Les questions les plus courantes tournent autour du « et si c’était de ma faute si Papa et Maman ne s’aimaient plus? », ou « est-ce qu’il faut que je ne choisisse qu’un seul de mes deux parents? », ou encore « je n’ai peut-être pas été assez sage / aimable »
  • Au niveau sécurité, le départ d’un des deux parents et la nouvelle organisation créent une structure étrangère qui demande un temps d’adaptation qu’on ne laisse que très peu à nos petits
Deux chemins qui se séparent dans un bois

Le Deuil chez l’enfant

Whaou, je vous vois déjà fuir devant ce mot! Non mais revenez hein! Tout va bien!

Un Deuil, ça se joue à plein de niveaux différents, et vous en vivez tout au long de votre existence. Des exemples? Déménagements, séparation, changement de travail, perte d’emploi, passage de l’enfant à l’adolescent, puis de l’adolescent à l’adulte… Vous voyez? Tout va bien! Je n’avais pas menti!

Sauf que… Chez l’enfant, la séparation des parents, c’est un deuil. Un vrai. Qui pique! Et là aussi, le deuil va être fait de plein de petites choses. D’abord, par rapport au couple parental. Papa et Maman resteront les parents et les figures parentales référentes. Mais il se peut qu’un Beau Papa ou une Belle Maman finisse par arriver quand même. Et dans ce cas-là, il faut arriver à dépasser la colère que cela peut engendrer à l’idée que tout n’a pas été tenté par les parents (ou s’il y a un tiers qui arrive vite, que ce soit sa faute à lui/elle), la peur que cela réveille de ne plus être aimé ou entendu, et la tristesse que Papa et Maman ne puissent finalement plus jamais se remettre ensemble.

Ensuite, la vie de tout les jours ne sera plus la même. Pas le même rythme, pas les mêmes habitudes, pas les mêmes possibilités non plus. Forcément, pour des raisons très terre à terre, on ne pourra plus céder aussi facilement à certaines demandes. On ne pourra plus faire les mêmes activités. On ne verra peut-être même plus les mêmes copains pour peu qu’on doive déménager. Et le lien au parent va devoir également changer, parfois, de manière très abrupte!

Quand l’enfant est l’outil des conflits parentaux

Que peut-il se passer chez l’enfant quand les parents se dénigrent l’un l’autre? C’est assez simple, mais tout aussi angoissant. L’enfant finit par se convaincre qu’en la présence du parent qui dénigre, la part du parent absent doit se dissoudre, et disparaître. Logique, puisque si le parent dénigrant en veut autant à l’autre parent, il pourrait en vouloir aussi à l’enfant qui porte en partie l’autre parent. Voyez-vous où je veux en venir?

Spectateur de la situation, l’enfant va devenir un objet de négociation, ou un moyen de pression. Et son intégrité dans tout cela? Ici, le plus gros risque, c’est le morcellement. Son identité va se fissurer, se briser progressivement, jusqu’à perdre ses repères, ses bases, sa sécurité interne. Pour peu que l’enfant n’ait pas de réponses adaptées à ses questions et ses peurs, vont remonter des angoisses de l’abandon et des dépendances affectives qui peuvent avoir des conséquences terribles sur le futur adulte en devenir. Ce genre de blocage peut, à terme, mener à des dépressions de l’enfant / de l’adolescent, et peut aller jusqu’aux troubles du comportement.

Enfin, on peut aller jusqu’au conflit de loyauté, qui peut mener un parent à devenir toxique, et utiliser son enfant contre l’autre parent. Dans ce cas, tous les coups sont permis. L’enfant va devenir le sauveur du parent qui se place en position de victime contre son bourreau. Il devra faire face à des questions d’adulte et une part de responsabilités qui ne lui appartient pas. Il pourrait en venir à couper les liens avec un parent simplement par pression et pour tenter de retrouver un semblant d’équilibre.

Comment faire pour limiter les risques?

On écoute. Si la communication est la clé de beaucoup, l’écoute l’est encore plus. Si votre enfant est trop petit pour verbaliser, ou tout comprendre, on utilisera des mots simples, des idées générales, et on reviendra dessus sans dramatiser, en étant le plus protecteur et le plus sécuritaire possible.

Encore une fois, dans le cadre d’une séparation, l’enfant est observateur. Faites-le devenir acteur sur certaines petites choses « faciles et simples » mais qui ont du sens. Permettez-lui de choisir les jouets, peluches, vêtements qu’il veut emmener chez Papa ou Maman lorsque la garde est alternée. Demandez-lui s’il veut prendre un objet cher à ses yeux qui représente le parent absent quand il va chez l’un ou chez l’autre. Autorisez-le à aménager son nouvel espace avec des éléments qui le rassurent et le protègent. S’il ressent le besoin d’être plus régressif avec des demandes de câlins plus fréquentes, des énurésies inhabituelles, des peurs du noir inexpliquées, c’est OK. Verbalisez pour lui s’il ne s’en sent pas capable.

Vous êtes l’adulte, vous êtes celui qui représente la sécurité. Mais l’enfant doit aussi avoir son espace d’expression, tout en maintenant un cadre fixe, car même dans le cas d’une séparation, le NON est utile et l’union fait la force!

Vous vous retrouvez dans ce cas de figure et avez besoin de vous faire accompagner, vous ou vos enfants? N’hésitez plus, contactez-moi.

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